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 au clair de la brume (scylla)

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Admin Cauchemardesque
Premier Voyage : 02/05/2015
Missives : 346
Pseudo : fauve. (charlotte)
Occupation : prostituée, mendiante, mangeuse d'âmes
Localisation : là où le vent l'emporte, laissant une traînée de cadavres après son passage

MessageSujet: au clair de la brume (scylla)   Dim 20 Mar - 20:27





Scylla « Moby Dick » Blackwater


la mort danse au bord de mes doigts,
et je prends tout de toi,
un petit peu plus à chaque fois.
NOM & APPELLATION ◈ Scylla Blackwater. en hommage à la légende d'un monstre marin qui hanterait les eaux du grand large. Scylla est née pour être une guerrière, une protectrice des fonds marins. et c'est ce qu'elle a fait durant toute sa vie de sirène : dérouter les navires et entraîner les marins dans une dernière valse sous-marine. de son statut, elle s'est faite une réputation, et s'est fait renommer par les marins. pendant des années, elle a arboré avec fierté le surnom de Moby Dick.  AGE ET DATE DE NAISSANCE ◈ l'écume a su préserver pendant des années les traits porcelaines de sa peau, ralentissant le processus dégénératif de ses cellules. sirène devenue humaine, elle arbore à présent l'apparence d'une femme d'une trentaine d'années. LIEU DE NAISSANCE ◈ le grand bleu, l'océan. elle est née au royaume d'Atlantis, berceau de toutes les sirènes. RACE ◈ née sirène, souvent comparée à une déesse assassine et mangeuse d'hommes, elle est ensuite devenue humaine contre son gré. obligée de quitter le royaume marin pour fouler la terre vaine, son passé de charmeuse d'hommes l'a rattrapé et l'a condamné à devenir succube. malédiction qui l'a transformée en une monstruosité se nourrissant du désir des hommes pour survivre. ROYAUME ◈ voyageuse itinérante, Scylla va là où le vent l'emporte, disséminant derrière elle une traînée de cadavres vidés de leur essence vital. ALLÉGEANCE ◈ les humains, elle n'a de cesse de les détester. race opposée à celle des sirènes, Scylla a été formatée pour les éliminer. la trahison d'Ariel ainsi que sa transformation en succube n'a fait qu’accroître cette hargne farouche envers les hommes. sa loyauté, elle est tournée vers Ursula, celle qui a promis de les venger. PROFESSION ◈ mendiante. Scylla quémande, ventre à terre. un quignon de pain, un bout de tissus fripés, mais surtout de la compagnie. avide de chaleur humaine, devenue son obsession, il n'est pas rare de la voir vendre son corps dans les bordels. déesse d'une nuit à la voix hypnotisante, la succube attire les hommes dans sa couche jusqu'à tout prendre d'eux. leur dernier soupir, leurs désirs, et leur bourse.  STATUT SOCIAL ◈ veuve. son époux est décédé lors de l'affrontement opposant les sirènes à Eric. étant encore jeune et jolie, elle pourrait très bien se remarier. mais pour le moment c'est bien le cadet de ses soucis. CONTE ◈ inspiré de la petite sirène. pour avoir organisé le massacre de l'équipage du Moby Dick, Scylla s'est vue renommée par les marins en mémoire du navire. pour que tous sachent, et se souviennent. il n'y a eu qu'un seul survivant, qui s'est juré de venger les siens en tuant la devenue célèbre Moby Dick et ses congénères. FAMILLE ◈ des Blackwater, il ne reste plus qu'un souvenir fané. famille respectée en Atlantis, elle ne signifie à présent plus rien dans le monde des humains. de la guerre affrontant les sirènes à l'armée d'Eric, il ne reste plus que quelques survivants éparpillés. gravement blessée, elle a été évacuée avant le dénouement funeste du combat.
Inside your mind

◈ Que pensez-vous du conflit entre le roi Charming et l'empereur Phillip ? le cadet de ses soucis. avant d'être maudite par Ariel et de devoir fouler la terre vaine, Scylla ne connaissait même pas leur existence. ce n'est que depuis une dizaine d'années, depuis qu'elle est obligée de se fondre parmi les hommes, qu'elle a entendu parlé d'eux. et ça ne l'intéresse que vaguement. les hommes, elle ne les aime pas. c'est comme ça, et ce depuis toujours. elle a passé des années à les hypnotiser, à les attirer dans ses bras, pour mieux les noyer dans les fonds marins. alors ce n'est pas maintenant qu'elle va changer d'avis. la malédiction qui l'a transformée en succube n'a fait que renforcer son aversion envers cette race. alors qu'ils se déchirent, les deux frères. qu'ils mettent leurs royaumes à feu et à sang, et qu'ils deviennent vulnérables pour la vengeance des sirènes. Scylla, elle n'attend que ça.

◈ Qu'est-ce que représente pour vous la magie ? En avez-vous peur ? L'utilisez-vous ? Scylla a eu son lot de malédictions pour le restant de sa vie. d'abord la perte de sa condition de sirène, puis sa transformation en succube. Scylla déteste la magie, autant qu'elle la redoute. si par le passé elle trouvait cet art illusoire et bon à faire peur aux enfants, forcée de constater qu'à présent elle en a peur. deux malédictions, sa vie brisée à tout jamais, avec aucun moyen de réparer les morceaux cassés. Scylla méprise la magie, les sorcières et tous les êtres qui l'utilisent, de près comme de loin.


Behind the Screen

PSEUDO & PRÉNOM ◈ fauve., charlotte. AGE & RÉGION ◈ vingt-deux ans, région parisienne. FRÉQUENCE DE CONNEXION ◈ sept jours sur sept. COMMENT AVEZ-VOUS CONNU SUR LE FORUM ◈ grâce au projet sur bazzart. VOTRE AVIS ◈ toujours aussi parfait. AVATAR ◈ natalia vodianova CREDITS ◈ tumblr, envol bleu. UN DERNIER MOT ◈ je suis de retour, pour vous jouer de vilains tours.  fire  coquin


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MessageSujet: Re: au clair de la brume (scylla)   Dim 20 Mar - 20:28


My Jolly Sailor Bold
La barque fend les eaux en silence, avançant lentement. Les marins à son bord sont tous aux aguets, serrant contre eux quelques armes jusqu’à s’en faire blanchir les phalanges. De la fumée blanchâtre s’échappent de leur bouche à chaque expiration. Ils sont prêts. Un bruit sur leur gauche, et c’est tout le petit groupe qui sursaute. « Là ! J’ai cru voir quelque chose ! » s’écrit un marin, pointant du doigt une zone de remous. De nouveau le silence, et la tension monte d’un cran. « Là ! » s’écrit un autre marin, tandis qu’un autre remous se fait sentir, cette fois sur la droite. « Non là ! » Juste devant eux cette fois. Scylla glousse, sa queue de poisson fendant l’eau à une vitesse insoupçonnée. Elle s’amuse, se délecte de sentir la peur dégouliner de tous leurs êtres. Ils ne savent pas qui sont leurs ennemis. Ou plutôt ils pensent le savoir, mais se trompent. Comme si avec leurs armes ils pouvaient la détruire. Un rire sarcastique s’échappe de ses lèvres, tandis qu’une fois de plus Scylla fait un remous, laissant négligemment ses écailles se refléter à la surface de l’eau avec les éclats de la lune. « Elle est là ! » scande un marin, se redressant pour tirer un carreau avec son arbalète. La flèche frôle Scylla. Trop lent, et prévisible. De cet acte, elle comprend toutefois que ce ne sont pas des marins comme les autres. Ce sont des mercenaires, des chasseurs de sirènes. Et cela l’intrigue. Ils ne sont pas comme les autres. Ils transpirent de manque d’expérience. À voir leurs regards affolés, ils ne doivent d’ailleurs jamais avoir eu à faire à des sirènes au paravant. Non, ils ont été embauchés par quelqu’un. Mais qui ? Scylla a une petite idée, mais préfère en avoir le cœur net.

D’un geste, la sirène intime à son escouade d’intervenir. Fini de jouer. Ces chasseurs veulent voir des sirènes, alors ils vont être servis. Ils veulent en découdre, grand bien leur en fassent. Ça fera quelques raclures de moins sur cet océan. D’ordinaire, Scylla et les sirènes qui sont sous ses ordres n’interviennent que lorsque des marins franchissent des secteurs qui leur sont interdits. Protectrices de trésors oubliés, de terres sacrées, elles ont pour ordre de dérouter les marins de quelques façons que ce soit. Souvent, cela se termine en les amenant au fin fond de l’océan. Destin tragique. Mais ce ne sont pas les sirènes qui vont les pleurer. Depuis leur naissance, elles sont formatées pour vouer une haine intransigeante envers les humains. Des monstres, des barbares, des êtres dénués de pitié et dotés d’une cupidité sans limite. Deux races que tout oppose, et qui se livrent une guerre sans merci depuis la nuit des temps. Les sirènes protègent leur territoire en éliminant les marins trop curieux, et ces derniers, pour venger les leurs, se mettent à les chasser. Le serpent qui se mord la queue. Et Scylla, par-dessus tout, elle déteste ces chasseurs. Alors ceux qui rodent non loin d’elle, elle va apprécier n’en faire qu’une bouchée.

Les sirènes se déploient en silence, et, une par une, entament leur chant. Mélodie hypnotisante qui fait chavirer le cœur des marins. « Bouchez-vous les oreilles ! » lance un des marins, et tous s’exécutent. Scylla, elle secoue la tête avec pitié. Des incapables, des ignorants. La mélodie gagne en amplitude, résonnant dans la nuit. Jusqu’à toucher leur cœur. Peu à peu, les marins se décontractent, perdent en agressivité. Ils se détendent, bercés par ce chant divin. Scylla fend les eaux, jusqu’à s’accrocher au rebord de la barque. Ultime affront. Elle continue de chanter, penchant négligemment la tête et arborant un sourire magnifique. Lentement, elle tend la main à un des marins, qui s’en saisit avec hâte. « Qui vous a engagé ? » qu’elle souffle, se penchant jusqu’à n’être qu’à quelques millimètres des lèvres du mercenaire. Ce dernier semblant hésiter, la sirène pose une de ses mains contre sa joue, la caressant avec tendresse. « Dis-le moi mon amour, s’il te plait. » Et devant ces quelques mots, le marin craque. « Je ne connais pas son nom. Tout ce que je sais, c’est qu’il vogue sur le Moby Dick. » Ce qui confirme ce qu’elle pressentait. Le seul survivant du Moby Dick, ce marin qui s’est juré de venger les siens et qui s’est mis en tête de l’éliminer elle. Parce qu'elle a décimé son équipage, parce qu'elle a tué tous les siens. Il l'a surnommé Moby Dick, en hommage à son équipage, et depuis ce jour la sirène a adopté ce nom. Une belle réputation, un titre qu'elle arbore avec fierté. Elle a un regard désolé, Scylla. « Et il vous a envoyé pour me tuer ? Il ne pouvait pas le faire lui-même ? » qu’elle réfléchit à voix haute, observant le marin qui ne comprend rien. « Enfin, ce n’est pas grave. » qu’elle conclue en caressant de nouveau la joue du marin du bout de ses doigts. Ils sont pris dans les mailles de leur filet, hypnotisés par leurs voix ensorcelantes. Les autres sirènes imitent Scylla, et chacune captive un des marins. Et dans un dernier écho, une dernière mélodie, les voix se taisent. D’un geste, les mains des sirènes se transforment en griffes, leur sourire enjôleur en sourire carnassier. Les marins n’ont pas le temps de comprendre ce qu’ils leur arrivent qu’ils sont tirés par-dessus bord, et envoyés de par le fond. Ne restant plus qu’une barque vide, laissée à l’abandon et flottant mollement sur l’océan.





Those embers must turn to flames
Envolée, la belle Moby Dick. Brisée, la sirène protectrice des trésors oubliés de l’océan. Adieu son chez-elle, adieu le royaume l’Atlantis, adieu l’océan. Chassée, métamorphosée, maudite. Le coup fatal n’est pas venu de la main de ce beau marin qui s’était juré de la tuer, ni de ces nombreux hommes qu’elle avait charmé pour mieux envoyer vers le fond. Non, le coup fatal était venu d’une autre sirène. D’une des siennes. Un coup d’Etat. La trahison n’en était que plus douloureuse. Et l’amertume plus grande. Ariel, la Princesse d’Atlantis, celle qui était si belle, si prometteuse. Cette dernière s’était entiché d’un humain. Un pauvre homme, un Prince… Le dégout ne peut qu’apparaitre sur les traits déformés par la haine de Scylla à cette pensée. Comme a-t-elle pu tomber amoureuse d’un humain. Et pire encore, comment a-t-elle pu les maudire, elle, ses sœurs, sa propre race, les condamnant à fouler la terre vaine ? Scylla n’arrive pas à l’accepter, n’arrive pas à pardonner. Sirène devenue humaine, elle erre sur les plages de sable de Sandcliffs, rêvant de ce moment où ses sœurs décideraient de se venger. D’Ariel, d’Eric, de tous ces humains qu’elles détestent tant et qu’elles sont à présent forcées de côtoyer. Sans leur Roi Triton, tué des mains crochues d’Ariel, les sirènes sont éparpillées, désespérées. Certaines ont bien tenté de renouer avec l’océan, mais sans succès. La mer leur est à présent interdite, sous peine de se transformer en écume. Un instant, Scylla a hésité. Redevenir écume, retourner dans l’océan, pour une dernière danse. Et puis elle s’est reprise. Non, elle ne pouvait mourir ainsi. Pas avant de s’être battue pour retrouver sa liberté.

Alors lorsqu’Ursula, la nouvelle Reine autoproclamée des sirènes s’est relevée et qu’elle a appelé les siens pour se venger et renverser Ariel et Eric, Scylla et sa famille ont répondu à l’appel. Tous. Scylla se revoit encore, munie d’un trident dans ses mains. Elle se revoit, avec son époux et ses sœurs, mener une bataille sans pitié contre l’armée d’Eric. Une armée que les sirènes étaient bien parties pour mâter. Scylla se revoit pleine d’espoir, le visage parsemée du sang de ses ennemis. Et puis elle se revoit manquer de défaillir, lorsque des renforts venus de nulle part sont venus les prendre par surprise. Et le carnage a commencé. Ses parents ont été les premiers tués, puis deux de ses sœurs. Le pire a été lorsque son époux a été transpercé par une épée, et qu’il est mort dans ses bras. Cœur brisé, rêves écroulés, destin incertain. Les humains lui ont tout pris. Sa nageoire, son monde, et à présent les êtres qu’elle aime. Alors elle s’est relevée, a poussé un cri ampli de vengeance et de douleur, et s’est jetée à corps perdu dans cette bataille qu’à présent elle sait perdue d’avance. Mourir au combat, pour mieux rejoindre sa famille dans l’haut-delà. C’est son plan. Mais pourtant le destin en a voulu autrement. Blessée gravement, Scylla perd connaissance, baignant dans son sang. Et alors qu’elle pensait ses derniers instants arrivés, et que du regard elle promettait à son bien-aimé de le rejoindre, Scylla se réveille dans une petite cabane. Elle entend le bruit des mouettes, le roulement des vagues s’écrasant contre des rochers. Sauvée, in extremis, par les sirènes d’Ursula qui ont décidé de battre en retraite. Se replier, pour mieux se préparer pour une nouvelle guerre.

Plusieurs mois ont passés. Le temps que Scylla panse ses blessures. Si son corps, après tout ce temps, est à présent guérit, son âme, elle, toujours reste effritée. À deux doigts de se briser.





Forgive me for what i must do
L’écume des vagues. L’odeur de sel. Une barque avec un marin à l’intérieur. Elle, voguant à la surface. Elle, rôdant autour de la barque. Un bel homme qui l’attend, qui l’observe, un air niais au bord des lèvres. Et la voilà, tout sourire, qui s’approche. Qui allonge ses bras sur le bastingage. De sa voix, des notes cristallines fusent. Et bientôt le marin est à sa merci. Scylla est captivée par ce qu’elle fait, par le plaisir qu’elle ressent à charmer cet homme, à se sentir toute-puissante. Elle se gorge de l’odeur de cet homme, grave son visage dans sa mémoire. Et puis au moment où les dernières notes arrivent, au moment où elle s’apprête à le faire sombrer, elle sent une douleur fulgurante dans son ventre. Un regard, et c’est une longue épée qui lui transperce la peau, un long filet écarlate s’échappant de son trou béant et s’étirant dans l’eau claire. Scylla panique, et quand elle relève le regard, ce n’est plus ce pauvre marin, mais un soldat en armure. Elle n’est plus au bord d’une petite barque, mais contre un gros pavillon. Alors qu’elle veut s’échapper, et retourner dans l’océan, le soldat l’agrippe fermement par les épaules, et la fait basculer sur le plancher du bateau. Démunie, Scylla commence à paniquer, et alors qu’elle observe les hommes autour d’elle, elle ne distingue que des fantômes du passé. « Ce n’est pas possible. » qu’elle murmure, alors qu’elle reconnait des marins qu’elle a entraîné il y a de ça des années avec elle dans les fonds de l’océan. « Vous êtes morts. Je suis en train de rêver. » Un rêve qui se mue en cauchemar, et qui, de par la douleur qui lui transperce le ventre, parait des plus réelles. Scylla tente le tout pour le tout, et rampe d’une main fébrile vers le bastingage. Un marin fantôme l’en empêche en lui barrant la route. « Tu n’iras nulle part ma belle. » Une voix féminine émanant du soldat en armure. Des yeux d’un vert émeraude qui l’observe et la transperce. « Qui êtes-vous ? » qu’elle souffle en sa direction, ne comprenant pas ce qu’il se passe. « Une certaine personne s’est jurée de te faire payer pour le mal que tu lui as fait. Regarde autour de toi. Ces pauvres âmes ne sont qu’un échantillon de toutes celles que tu as volé. Combien d’hommes as-tu entraîné dans les fonds de l’océan ? » Le soldat à la voix féminine tourne autour d’elle. Le prédateur autour de sa proie. Scylla écoute, incrédule. Elle ne comprend pas. Et elle voudrait se réveiller, parce que tout ceci ne rime à rien, et qu’elle est morte de peur. « Moby Dick… La sirène la plus redoutée de tout l’océan. Rien que ça. Une belle réputation, que tu vas apprendre à regretter. » Et de ces paroles apparaissent une épaisse fumée verte qui s’échappe du soldat. Fumée qui dévale sur le sol, et rampe jusqu’à Scylla pour l’envelopper totalement et la faire suffoquer. « Si enjôler les hommes était autrefois un jeu pour toi, cela devient vital dès à présent. Le gouffre dans ton ventre et la soif insatiable qui te brûlera la gorge ne pourront être satisfaits que lorsque tu te seras nourrie des désirs des hommes. Un baiser, une caresse, le plaisir de la chair, tous ces actes affectifs te garderont en vie pour une durée déterminée. Ne répond pas à cette soif, et cela te sera fatal. »

Le rire machiavélique résonne encore dans sa tête lorsque Scylla ouvre les yeux. Couverte de sueur, le souffle coupé par la peur, elle regarde avec hébétude autour d’elle. Ainsi, tout ceci n’était bel et bien qu’un rêve. D’emblée, elle porte la main sur son ventre, et constate avec soulagement qu’il n’y a aucune trace de blessure. Elle est guérit, et tout ceci n’était qu’un sombre cauchemar. Poussant un long soupire de soulagement, Scylla se rendort, et reprend sa vie comme si de rien n’était. Sauf que plus les jours passent, et plus elle se sent mal. Une sensation de soif qu’aucune boisson ne peut combler. Comme dans son rêve. En proie à une violente souffrance, Scylla erra plusieurs jours, ne comprenant pas ce qu’il lui arrive. Jusqu’à ce qu’un homme, dans l’angle d’une rue malfamée, ne l’aborde, et tente de profiter de sa faiblesse pour faire quelques attouchements. A chaque caresses, chaque baisers volés, Scylla retrouve des forces. Aussi étrange cela soit-il. L’ancienne sirène répond rapidement à ses baisers, et se laisse prendre au jeu. Car la sensation qu’elle ressent l’apaise et fait reculer la douleur qui l’a tant fait souffrir. S’adonner au plaisir de la chair dans cette ruelle est un souvenir qui la marquera longtemps. S’abaisser à se dévoiler devant le premier venu, à faire ce qu’il veut d’elle, pour se sentir rien qu’un peu mieux. Un acte dégradant qui malheureusement ne sera que le premier d’une longue série. Car forcée de constater que son rêve, ou plutôt son cauchemar, avait quelque chose de réel. La voix de cette femme, ce qu’elle avait prédit, s’était révélée juste. À partir de cet instant, Scylla changea. Elle se métamorphosa en une créature avide de désirs, se nourrissant de l’essence vital des humains. Tout ce qu’avait dit cette voix féminine était vrai. Ce qu’elle n’avait pas dit, cependant, c’était qu’elle se nourrissait des hommes, et qu’elle les vidait, au sens propre du terme. Scylla aspirait tout d’eux, et laissait à la fin de leur acte charnel des corps sans vie. Sirène devenue humaine, elle s’était métamorphosée à présent en succube. Une double malédiction dont elle se serait aisément passée.

Scylla a quitté l'armée d'Ursula. Elle a pris la fuite, s'est volatilisée. Longtemps, elle a erré, laissant derrière elle des cadavres. Ne jamais rester trop longtemps, toujours être en mouvement. Pour ne pas être repérée, pour ne pas être tuée. Pendant plusieurs années, Scylla a cherché qui était cette femme, qui était la source de sa malédiction. Dans un premier temps, elle a cru que c'était le marin qui dirigeait le Moby Dick qui était responsable de sa malédiction. Car il s'était juré de se venger, et que dans le passé il avait montré une certaine obsession pour lui faire payer. Mais forcée de constater qu'il y avait d'autres hommes comme lui. D'autres âmes qu'elle avait brisé. Scylla s'était retrouvée perdue, désarmée. Elle ne connaissait pas la personne qui était la source de sa vengeance, ni celle qui avait exécuté la malédiction. Une sorcière, surement. Mais il y en avait tellement en Vanàrillion... Alors au fil des années, Scylla a abandonné. Elle a cessé d'espérer, cessé de chercher. Ne faisant qu'un avec sa condition de succube. Elle a fait de sa malédiction une force, une arme secrète. Et à présent, elle est bien déterminée à retourner voir Ursula, et à faire payer la race humaine pour tous les tourments qu'ils lui ont infligés. [/i]


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