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 (astara) where did we go wrong?

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MessageSujet: (astara) where did we go wrong?   Ven 31 Juil - 0:53


Dire qu'elle ne voyage que pour trouver Astrid aurait été mentir. Certes, depuis la disparition de l'adolescente, chacun des déplacements de Tara a été émaillé par ses discrètes questions, parfois au prix de quelques pièces, et pourtant toujours la même réponse: non. Elle a fini par abandonner, la chapelière, et errer à la place, parfois dans des endroits sordides où sa tenue fantasque détonne. Elle traîne ses pieds de vent jusque dans les faubourgs de Turtleroc, même. C'est dire les choses qu'on fait pour des gens qu'on aime. Mais encore une fois, elle se dit, facétieuse, que ce n'est pas la seule raison. La dernière fois qu'elle a posé le pied dans les rues du port, c'était il y a un long moment déjà, et elle se souvient d'avoir retenu la sauvagerie et, en même temps, le joyeux désordre qui régnait dans un endroit où personne ne faisait vraiment la loi. Quand elle avait tenté de chercher dans un port respectable et respecté, comme celui de Sandcliffs, il fallait bien pousser l'investigation un peu plus loin, et avec plus d'audace.

Etonnamment ou pas, elle se fond facilement dans la foule, la chapelière. À sa petite taille, qui aurait pu aisément passer pour celle d'une fille de quatorze ou quinze ans, s'ajoute la tenue avec laquelle elle s'est attiffée, une jupe brune accompagnée d'une chemise qu'un matelot aurait pu porter. Casquette rabaissée sur son front, ses mèches châtains en débordant de tous les côtés, il ne lui a pas été difficile, panier à la main, serré contre elle, de se fondre dans tous les gens se pressant sur le quai. De toute façon, mieux vaut ça que rester cloîtrée dans la petite chambre d'auberge qu'elle a loué; mieux vaut éviter les cafards le plus longtemps possible. Elle a payé un extra, cela dit, pour une nourriture nettement meilleure que l'ordinaire servi: et ce, elle le gagne dans la rue par rien d'autre que du racommodage. Après tout, ce qu'ils font sur les navires, c'est grossier à son goût, rien que quelques points de couture jetés ensemble dans quelque chose de plus ou moins droit, avec du fil si épais qu'il se distingue à un pas — et le plus souvent, de la mauvaise couleur. Mais Tara peut difficilement les blâmer, puisqu'on manque de ressources en mer, dont le fil à coudre. Mais elle empoche quelques piécettes avec un sourire espiègle à chaque déchirure reprise, et c'est assez pour ajouter du lard dans sa soupe et du pain frais à son ordinaire.

Elle est encore là, assez près du quai lui-même mais encore à distance prudente, là où elle peut voir les pirates mais où eux, le plus souvent, ne lui cherchent pas de noises (le dernier qui a tenté s'est pris un regard noir et une aiguille dans la main, depuis surprise, ils ne viennent plus). Assise sur un tonneau fermé, ses jambes repliées dans la jupe et sous elle, elle travaille à la lumière d'une lanterne cassée, un grand gaillard appuyé sur la poutre à côté d'elle. « Presque fini. » qu'elle lui répète d'une voix conciliante. « Encore quelques points et elle est comme neuve. » Bien sûr, elle omet volontairement, par respect du client, qu'un bon lavage n'aurait pas fait de morts non plus; mais elle rectifie comme elle peut déchirures et défauts de coupe d'une chemise artisanale. Clic-clic des ciseaux, un bout de fil qu'elle coupe avec les dents par-ci et u remplaçage de bouton par là...

Entre le col et son pli, elle lève les yeux, ne serait-ce que pour détourner son regard de son travail pour un instant, et il lui semble que son cœur s'arrête. Elle est là, elle est là; les cheveux plus courts, certes (étrangement, ça lui va), vêtue comme un garçon et plus sale qu'elle ne l'a jamais vue, mais c'est bien elle, c'est Astrid. Elle a l'impression que sa poitrine va se rompre sous les battements, et c'est un regard presque désespéré qu'elle lance à son client, déchirée entre tout laisser sur place et manquer une belle pièce d'or et se lancer à la poursuite de l'adolescente avant qu'il ne soit trop tard. Elle se décide à perdre une minute ou deux, au final, et ses doogts s'activent plus vite que jamais. Moins de cent vingts secondes plus tard, elle attrape la pièce, s'incline dans une révérence moqueuse avec un gracieux sourire, attrape son panier et détale, à la suite de la silhouette qui s'est levée quelques instants avant elle. Elle remonte un peu sa jupe, ses bottines claquent sur le sol; et lentement mais sûrement, elle rattrape. « Astrid! » lance la chapelière, l'inquiétude déformant ses traits. « Arrête-toi et attend-moi. » Sans qu'elle le veuille, sa voix se telnte d'un soupçon d'instabilité, de folie; mais ce qui fait surface, c'est de l'anxiété, et surtout, une pointe indéniable de joie.
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